Ensemble: L’édito

Ensemble n° 34: L’édito

Légèretés et hauteurs

« Raconte-moi une histoire ! » réclamait mon fils, du haut de ses quatre ans. Pour pouvoir s’endormir, il avait besoin d’entendre une voix familière lui raconter une histoire, pour y trouver sa place – comme Le contexte actuel est pesant. L’actualité égrène les malheurs habituels du monde, quand les crises se rajoutent les unes aux autres.
Crise sanitaire de laquelle nous sortons avec peine, crise climatique qui s’annonce, crise internationale bien présente avec aux portes de l’Europe la guerre en Ukraine. Le climat ambiant est lourd et morose et ne pousse pas à l’optimisme.
Faut-il pour autant céder à la peur et à ses conséquences : à savoir un repli sur soi et une fermeture des portes et des frontières ? Allons-nous vers une société bunkerisée où chacun
se retranche derrière ses barricades identitaires ? Un effet malheureux de la crise sanitaire est la difficulté de quitter son chez soi et de sortir. Le confinement est passé par là et tous les lieux de rassemblement, qu’ils soient cultuels ou culturels, font le même constat.
Pourtant d’autres regards, d’autres perspectives sont possibles sans pour autant choisir la fuite, ni l’oubli.
Il y a le regard du poète attentif à son environnement et à son entourage. Un regard ouvert sur le monde, qui embellit le quotidien, sublime les émotions et les sensations, perçoit au-delà des choses le beau et le vrai. Le poète associe librement les mots, les impressions, les paysages pour créer un univers nouveau. Il donne de la légèreté à la pesanteur des jours.
Vous découvrirez au fil des pages quelques poèmes rédigés à l’occasion du « Printemps des poètes ».
Il y aussi le regard sensible à tout ce qui est éphémère et qui vient enrichir le présent. Des moments d’amitiés, les joies de la convivialité, les surprises des rencontres, la découverte d’un
paysage ou d’une lecture, le plaisir d’un repas, le bonheur d’accueillir ou d’être accueilli. Des instants « de grâce », éphémères, fugitifs mais qui réjouissent les journées. Et puis il y a le regard de la foi qui sait retenir dans la reconnaissance tous ces bons moments. Il permet de donner de la hauteur aux événements et nous évite de nous laisser embourber, le nez dans le guidon. Il donne le courage d’aller de
l’avant pour que nous soyons facteurs de paix et de joies.
Pour l’été à venir, je vous souhaite ces trois regards qui se croisent, à la lumière de Celui qui nous regarde toujours avec bienveillance.


Denis Heller