Une pause d’humanité

Avez-vous remarqué les nouveaux panneaux installés dans les gares et en particulier à St Lazare ? 

Ils invitent à une « pause d’humanité » selon l’expression utilisée. La SNCF propose à ses usagers de se pauser dans la salle d’attente et pourquoi pas de se parler. Comment  comprendre cette invitation? Est ce à dire qu’en dehors des salles d’attente nous sommes en situation d’inhumanité car pris par le stress du quotidien, car aveuglés par l’indifférence au prochain ,car perdus dans  l’anonymat des transports et de la foule ? 

Est ce à dire que les seuls lieux d’humanité dans nos grandes gares urbaines sont ces salles d’attente où nous apprenons à à nous arrêter, à attendre, à prendre du temps, à regarder autour de nous et à peut-être échanger.

Serions devenus à ce point inhumains pour que la SNCF nous exhorte vertement à un peu plus d’humanité ? Faudrait-il que la SNCF nous rappelle que vivre en humains, c’est pleinement habiter le présent en restant ouvert et réceptif à ce qui est autre que nous, ouvert à une relation avec ce qui jusqu’alors pouvait nous paraître étrange et étranger. Il est vrai qu’une gare parisienne est un concentré d’humanité extraordinaire avec sa diversité des couleurs, des visages; des cultures, des habillements, des conditions sociales. 

Et si l’Eglise et les lieux du Centre 72 et de la MDJ tout compte fait, eux aussi offraient des « pauses d’humanité ». 

Pauses d’humanité  pour vivre en humains reconnus dignes précieux aux yeux de Dieu, aimés par Lui et appeler à aimer, des « pauses d’humanité » car des salles d’attente au rythme du temps différent et où nous apprenons à nous attendre les uns les autres.