Ensemble: L’édito

Ensemble n° 24: L’édito

Quand la religion est dévoyée…

Il ne faut pas se cacher la face. Les religions, quelles qu’elles soient, ont été associées, durant l’histoire humaine, à des actes de violences, à des massacres de populations, à des guerres meurtrières…

Dans une société de plus en plus déchristianisée et dont la culture religieuse ne cesse de diminuer, l’opinion publique retient le plus souvent du religieux qu’il est lié à la violence et aux conflits.
Mais ce n’est pas propre aux religions. On pourrait en dire autant de toute idéologie poussée à son extrême. Sans aller jusqu’à compter et comparer le nombre de morts, n’oublions pas que les totalitarismes idéologiques du XXe siècle, qui proclamaient l’athéisme, tels que le nazisme, le marxisme ou le maoïsme, ont débouché sur la mort de millions d’innocents.
Il en est ainsi de toute idéologie qui, au nom de beaux principes comme ceux de la pureté, de la justice sociale ou de l’égalité, élimine les opposants et se termine dans le sang.

Le dossier fait un rapide survol des différents monothéismes et invite chacun à balayer devant sa porte.

Il y a danger chaque fois que l’expression religieuse est instrumentalisée pour asseoir et accroître un pouvoir politique et forger une identité contre les autres.
Dieu est alors à la merci des hommes qui l’utilisent à des fins personnelles, pour dominer, écraser, sacraliser et diviniser des choix tout humains.
Que n’a-t-on pas fait dire à Dieu pour renforcer des projets de conquêtes et des décisions politiques ?

À l’heure où l’actualité évoque la question de la laïcité, on ne peut que se réjouir de la séparation du politique et du religieux. Une laïcité anticléricale qui veille à la neutralité religieuse de l’État et des pouvoirs publics et qui garantit une liberté et une diversité religieuse. Une laïcité qui en revanche
n’est pas anti-religieuse mais qui permet l’expression de la foi dans l’espace public.

Une foi dont l’expression la plus fidèle se traduit par des gestes d’amour et des actes de justice.

Denis Heller