Billet biblique

« Souviens-toi du sabbat, pour en faire un jour sacré (Exode 20, 8) »

Le sabbat était à l’origine une fête de la nouvelle lune. Il est devenu, après l’exil babylonien, le septième jour de la semaine durant lequel les Israélites sont appelés à se reposer et à se souvenir des œuvres accomplies par Dieu.

Selon la version qu’en donne Exode 20, 8 – 11: le repos du septième jour, qui vaut aussi pour les esclaves, les travailleurs étrangers et pour les animaux, correspond au rythme de la création institué par Dieu, selon Genèse 1, 1 – 2,4a. Or, selon Deutéronome 5, 12 – 15, la «Loi du sabbat» est justifié ainsi: «Tu te souviendras que tu as été esclave en Égypte et que le Seigneur, ton Dieu, t’en a fait sortir d’une main forte, d’un bras étendu: c’est pourquoi le Seigneur, ton Dieu, t’a ordonné de célébrer le jour du sabbat(Dtn.5, 15).

Là où Exode rappelle les sept jours de l’œuvre créatrice et du repos de Dieu, Deutéronome rappelle la servitude en Égypte et la libération orchestrée par Dieu. Dans les deux cas, le commandement insiste donc sur le repos dont la source directe est Dieu, créateur pour Exode, libérateur pour Deutéronome. Mais ce dernier texte a d’emblée une connotation plus sociale, puisqu’il associe ce repos à l’idée d’une servitude qui a pris fin. Or, des servitudes et des enfermements, il en existe aussi dans une société, comme la nôtre, où l’esclavage est officiellement aboli: ne sommes-nous pas tous soumis à la «Loi du marché» où il faut sans cesse se justifier de son existence par un savoir «faire», «produire» et «consommer»?

Dans les Évangiles, quand Jésus autorise ses disciples à se nourrir un jour de sabbat ou qu’il accomplit des guérisons, il se justifie devant ceux qui l’accusent d’enfreindre la loi du sabbat: «Le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le Sabbat, de sorte que le Fils de l’homme est maître même du sabbat(Marc12, 27-28).

En guérissant un jour de Sabbat, Jésus lui donne son vrai sens. Il en fait un jour de grâce. Un jour de gratuité où nous pouvons nous laisser rappeler que la valeur et le vrai sens de notre vie ne dépendent pas de ce que nous savons «faire».

Comme le disait cet autre rabbin: «Ce qui fonde la théologie du sabbat, c’est la notion révolutionnaire que l’être humain est digne de considération même lorsqu’il ne travaille pas, ne produit rien

Pasteur Andreas Seyboldt