Billet biblique

Une Bible des femmes

C’est le titre d’un livre paru aux Éditions Labor et Fides en 2018 sous la
direction, entre autres, de la théologienne protestante Élisabeth Parmentier, dans lequel « vingt théologiennes relisent des textes controversés ».

Après le titre, le texte d’introduction présente l’ouvrage : « Quand vingt
théologiennes se mettent ensemble pour relire des textes bibliques, il en naît un projet très peu modeste : Une bible des femmes ! (…) Lecteurs
hommes, ne fermez pas ce livre en haussant les épaules, nous avons tout aussi pensé à vous ! …t nous vous convions à dépasser à nos côtés des
stéréotypes encore trop ancrés ».
Et, en effet, la relecture d’un certain nombre de textes et récits bibliques mettant en scène des femmes, permet de découvrir que leur rôle n’est pas
toujours celui que 20 siècles de lecture et d’interprétation « patriarcale » leur ont assigné !
Ainsi, ce récit bien connu, où Jésus est reçu dans la maison de deux soeurs, Marthe et Marie (Luc 10, 38-42) : la première, Marthe, celle qui « le reçut dans sa maison », s’occupe à « faire le service », tandis que la seconde, Marie, « s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». L’interprétation classique a fait de Marthe l’archétype de la « femme au
foyer ». Or, il s’avère que le mot « service » ne désigne pas le « service de table » de la « femme aux fourneaux », mais un ministère reconnu dès les
débuts de l’Église : celui de la Diaconie. Nous l’appelons, au sein de notre Église, L’Entraide !
Le service qu’assure Marthe est important dans la vie de l’Église. Dans ce récit, Jésus, en interpellant Marthe, ne qualifie pas le ministère d’entraide dans l’Église comme inutile ! Il ne fait que replacer les « tâches » dans le bon ordre : l’écoute de la Parole est la première « tâche » du disciple, homme ou femme ! De cette écoute découlent tous les autres ministères dans l’Église. Ce texte révèle que dès les débuts de l’Église, les femmes y tenaient des
fonctions de responsabilité. Les siècles suivants l’ont un peu oublié…

Pasteur Andreas Seyboldt