Billet biblique

« Il y a un temps pour tout, un temps
pour toute chose sous les cieux »

(Ecclésiaste 3 v 1)

Une longue méditation sur le temps à explorer en lisant les versets 1 à 15.

L’Ecclésiaste est un livre biblique du 1er testament classé dans les Écrits de sagesse. Son contenu peut sembler déroutant voire corrosif car l’auteur pose, sur la condition humaine, un regard assez sombre et sans illusion ;
est-il tout simplement courageux, réaliste et lucide ? Quelques formules célèbres pour illustrer son approche :« Vanité des vanités, tout est vanité ! » (1 v 2)
ou « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil » (1 v 9) Comment comprendre notre verset ? Plusieurs interprétations possibles, complémentaires les unes des autres.

Un constat pragmatique
Il fait le simple constat de la diversité des activités humaines. En effet il  poursuit par l’énumération de 14 actions regroupées par paire : une parmi d’autres « un temps pour pleurer et un temps pour rire » (v 4). Il dresse ainsi toute une liste des possibles.

Une incitation éthique
Il laisse entendre que pour chaque action, il y a un temps favorable, un temps opportun. Trouver le bon moment pour chaque engagement, est, en ce sens, un chemin de sagesse. Il sous-entend la nécessité de la patience et de l’intelligence des situations.

Des considérations philosophiques
Il conclut cette longue énumération des occupations humaines par cette question : «Quel avantage, celui qui travaille, retire-t-il de sa peine ? » (v 9) Dit autrement : à quoi bon toute cette agitation d’autant que les actions citées mises par paire s’annulent : planter puis arracher ce qui a été planté, lancer des pierres puis les ramasser. Tout cela pour rien ! Vanité !

Lumières théologiques
Non, il n’est pas désabusé. Dieu a mis, dit-il, dans le coeur de l’homme le sens du temps même si celui-ci n’en comprend pas totalement le déroulement, ni les finalités (v 11) Il termine en invitant à retenir tous
les moments joyeux et heureux comme des dons de Dieu (v 12 et 13) Il le reconnaît comme le maître du temps. A nous de l’habiter le mieux possible.
Une remarque : l’Ecclésiaste a oublié de mentionner le temps de recevoir et celui de donner. Un temps précieux…

Pasteur Denis Heller