Ballade biblique

« Mini-Bible »

Toute confession chrétienne qu’elle soit catholique, orthodoxe ou protestante a ses versets bibliques de prédilection. Ils reflètent une théologie. Ils sont souvent la clé de lecture et d’interprétation du reste des écritures.
Quelle serait cette « mini-bible » pour les protestants au regard de la Réforme ?

Il y aurait assurément Romains 1 v.16 et 17 : « Car je n’ai point de l’évangile : c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec parce qu’en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit : « le juste vivra par la foi ». Ces versets commentés par Luther lui font redécouvrir une justice de Dieu qui justifie gratuitement ; ce qui est appelé dans le jargon théologique la justification par grâce au moyen de la foi ; ce que l’apôtre Paul, encore lui ! explicitera davantage en Éphésiens 2 v.8 et 9 : « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés au moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
Ce n’est point par les œuvres afin que personne ne se glorifie ». L’expression « justification par la grâce au moyen de la foi » est aujourd’hui difficilement compréhensible. On préfère parler d’amour inconditionnel, d’amour gratuit à accueillir dans la foi, dans la confiance ; d’où la centralité de ce verset de Jean (3 v.16) : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin que quiconque croit en Lui, ait la vie éternelle ». Un verset cité dans la Déclaration de l’Ex-église Réformée de France pour exprimer le cœur de l’évangile.
Sur le plan éthique, pourrait être retenu le début du chapitre 12 des Romains. Il rappelle qu’il s’agit d’une éthique de reconnaissance en réponse à l’amour premier de Dieu. Il se poursuit ainsi : « Ne vous conformez pas au siècle  présent mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu ce qui est bon, agréable et parfait ».

Sans oublier le double commandement de l’amour (amour de Dieu et du prochain), on peut mentionner Galates 5 v.1, mis en exergue cette année au Centre 72 : « C’est pour que nous soyons vraiment libres que Christ nous a libérés ». Une éthique de la liberté et de la responsabilité pour rechercher la justice et la paix. Enfin en matière de vie d’église, retenons 1 Pierre 2 v.9 : « Vous êtes un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis afin que vous annonciez les vertus de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ». Il met l’accent sur la réalité d’un peuple de témoins d’égale dignité, appelé au sacerdoce universel.
Un choix partiel, partial, qui nécessiterait des commentaires plus approfondis mais qui est reflet des convictions protestantes. Et vous quel serait votre mini-bible ?

Denis Heller