Billet biblique

Vivent nos petites sœurs et petits frères !

Lorsque j’étais ado, j’ai eu l’occasion de participer à un partage un peu particulier : une semaine de classe verte, avec la classe de ma sœur handicapée mentale, et tous les frères et sœurs des enfants qui avaient pu venir. C’était une semaine très intense, très belle, où nous avons toutes et tous partagé nos joies, nos peines, nos peurs, nos difficultés et nos émotions… L’éducateur qui avait organisé cette semaine avait alors remarqué : « Quelle que soit leur place dans la fratrie, les enfants handicapés sont toujours les petits frères ou les petites sœurs des autres. Même si c’est l’aîné, il sera toujours le petit, celui qu’il faut protéger ».

Les compagnons du paralytique dans l’évangile de Marc (Marc 2, 1-12), qui le portent et vont jusqu’à Vivent nos petites sœurs et petits frères !passer par le toit pour lui faire rencontrer Jésus, étaient-ce ses frères ? Peut-être, l’histoire ne le dit pas. Mais elle relate la réaction de Jésus : « voyant leur foi, Jésus dit au paralytique : mon enfant, tes péchés sont pardonnés ». Ce n’est pas cet homme qui est à l’origine de la rencontre, il n’en a pas les capacités. Simplement, il est une personne importante aux yeux de ceux qui l’aiment, suffisamment pour que ceux-ci aient envie de l’amener à Jésus, parce qu’ils se doutent que rencontrer Jésus va changer sa vie, comme cela a pu transformer la leur.

Pendant le synode régional, une déléguée était présente avec son fils handicapé, qui l’accompagne dans ses activités depuis vingt-cinq ans. Mathieu était présent, participait au synode, et a alimenté deux vœux pour une meilleure inclusion des personnes handicapées dans les activités de notre Église. Là aussi, des personnes se sont associées pour porter ces vœux, pour rendre visibles Mathieu et les autres, pour les défendre face aux scribes de notre temps (Marc 2, 6-11).

À nous de jouer…À notre tour d’inclure les personnes porteuses de handicap dans nos activités, changer notre regard pour leur permettre de se « remettre debout » au contact de Dieu, ce que signifie étymologiquement « ressusciter » ! Alors nous pourrons dire « nous n’avons jamais rien vu de pareil » (Marc 2, 12).

Arthur Joly

Etudiant en Théologie,en stage à Bois-Colombes