Billet biblique

« La parabole des arbres (Juges 9 v. 6 à 15) »

Nombre de paraboles, de métaphores, de proverbes se réfèrent dans la Bible
au monde végétal ; les paraboles du semeur, de la graine, de l’ivraie, du bon
arbre, du figuier stérile… A chaque fois, un message, un enseignement, une
illustration du royaume de Dieu.

Cette parabole des arbres est une critique sévère du pouvoir royal, une mise en garde d’un pouvoir confié à un seul homme.

Le contexte

Nous sommes dans cette période dite des Juges. Le peuple de l’alliance s’installe en terre promise en étant conduits par ces dits juges. Ils sont à la fois des législateurs et des chefs de tribu.
Leur rôle n’est pas seulement de faire la guerre mais aussi de traiter des affaires juridiques et religieuses. Mais le peuple lorgne sur ses voisins et souhaite avoir comme eux un roi, un vrai chef, un homme « providentiel ». Gédéon a autrefois sagement refusé la fonction de roi. Par la suite, un de ses fils Abimélek par ruse et par violence s’empare du pouvoir.
Yotam, le plus jeune des fils de Gédéon, seul réchappé de la famille du massacre programmé par son frère, n’a pas peur de dénoncer les dangers et les dérives d’un tel pouvoir. 
Nombre de paraboles, de métaphores, de proverbes se réfèrent dans la Bible au monde végétal ; les paraboles du semeur, de la graine, de l’ivraie, du bon arbre, du figuier stérile… A chaque fois, un message, un enseignement, une illustration du royaume de Dieu.
famille du massacre programmé par son frère, n’a pas peur de dénoncer les dangers et les dérives d’un tel pouvoir.
Quand les arbres veulent un chef
L’olivier, le figuier et la vigne sont sollicités tour à tour pour occuper cette place de roi. Ce sont trois espèces végétales incontournables dans la pays
de Canaan. Chacune d’elles décline l’offre en mettant en évidence l’utilité de leur fruit : respectivement l’usage de l’huile , la douceur de la figue et la joie procurée par le vin. Pas question pour elles de renoncer à ce qu’elles apportent à tous. En final, c’est au buisson d’épines, un « incapable »que revient le pouvoir. Il ose promettre un ombrage et menace du feu et de la
destruction si ses ordres ne sont pas observés. Première parole et déjà un pouvoir dominateur.
Quelques remarques
Yotam a le courage à la manière des prophètes de s’opposer au pouvoir instauré par son frère Abimélek. De même, il pointe le risque qu’un pouvoir monarchique devienne vite tyrannique. Nous pouvons y voir aussi une vigilance théologique et le rappel que Dieu seul est Dieu et chef véritable.. . A vouloir un « homme providentiel » à tout prix, il est fort possible que les attentes soient déçues et les promesses non tenues. Qui dit pouvoir, dit contre pouvoir et nécessité de mettre en valeur sous une forme  démocratique la participation et les talents de chacun. Ce que souhaitent
poursuivre l’olivier, le figuier et la vigne. Une parabole d’une étonnante actualité…..

Denis Heller